Auteurs, protégez-vous (et protégez surtout votre œuvre 😉) !

Guide pratique pour les auteurs débutants.

Quand on termine un manuscrit, une nouvelle, un essai ou même un poème, une question revient toujours : comment protéger mon texte ?

Rassurez-vous : en France, la loi protège automatiquement toute création originale, dès son écriture. Mais il existe des moyens simples et concrets pour prouver que vous en êtes bien l’auteur.

Le Code de la Propriété Intellectuelle reconnaît automatiquement vos droits d’auteur dès l’instant où votre texte est fixé (écrit sur papier ou fichier numérique).

👉 Vous n’avez donc pas besoin de déposer votre œuvre pour qu’elle soit protégée.

En pratique, vos droits sont de deux types :

  • Droit moral : inaliénable et imprescriptible (vous restez toujours l’auteur, personne ne peut s’approprier votre œuvre).
  • Droits patrimoniaux : permettent d’autoriser ou non la reproduction, la diffusion et l’exploitation commerciale de votre œuvre. (voir encart en fin d’article pour plus de détails sur les droits patrimoniaux.)

Alors pourquoi prendre des précautions supplémentaires ?

Même si la loi vous protège, il est essentiel de pouvoir prouver la date de création de votre texte en cas de litige.

C’est là qu’interviennent les solutions de dépôt et d’horodatage.

a) L’enveloppe Soleau (INPI)

  • Coût faible (15 € environ en version numérique).
  • Permet de dater votre création de façon officielle.
  • Dépôt valable 5 ans, renouvelable une fois.👉 Simple et reconnu juridiquement.

b) Dépôt auprès d’un organisme spécialisé

Certaines sociétés (SGDL, SACD, SCAM, etc.) proposent un service de dépôt payant.

👉 Recommandé si vous produisez régulièrement et souhaitez une solution clé en main.

c) L’envoi recommandé à soi-même

  • Méthode ancienne mais encore valable.
  • S’envoyer son manuscrit en recommandé avec accusé de réception, sans ouvrir l’enveloppe.👉 Peu coûteux, mais moins solide juridiquement que l’enveloppe Soleau.

d) Les solutions numériques

  • Horodatage blockchain (services en ligne).
  • Coffres-forts numériques certifiés.👉 Moderne et rapide, mais attention au sérieux du prestataire.

⚠️ Attention : les idées ne sont pas protégeables ! (voir encart en fin d’article)

Toutes les méthodes ci-dessus servent à prouver la paternité de votre texte. Mais la protection la plus sûre reste la signature d’un contrat d’auteur avec un éditeur.

Pourquoi ?

  • Parce qu’un contrat formalise vos droits et l’exploitation de votre œuvre.
  • Et surtout : en cas de plagiat, c’est l’éditeur qui prend en charge la défense de vos intérêts. Vous n’êtes plus seul face à d’éventuelles démarches juridiques.

👉 C’est un gage de sécurité et de tranquillité pour tout auteur.

⚠️ Mais attention : en signant un contrat, l’auteur s’engage également à ce que son œuvre soit bien originale. Si elle s’avérait être elle-même un plagiat, l’éditeur aurait l’obligation de rompre le contrat et de se désolidariser de l’auteur.

  • Sauvegardez vos versions (datez vos fichiers, gardez vos brouillons).
  • Mentionnez vos droits : ajoutez la mention « © [Votre nom], [année] » dans vos documents.
  • Informez-vous : gardez à l’esprit que vous restez titulaire de vos droits, sauf si vous les cédez par contrat.

Une fois protégé, vous pouvez présenter votre manuscrit à des maisons d’édition, l’autoéditer ou le partager à des bêta-lecteurs en toute sérénité.

Protéger votre œuvre, c’est surtout vous offrir la tranquillité d’esprit nécessaire pour vous concentrer sur l’essentiel : écrire et créer.

✦ Chez Chrysalide, nous veillons à respecter, à valoriser et à défendre le travail de nos auteurs.

Votre création est précieuse : protégez-la, et surtout, faites-la vivre !

Zoom : qu’est-ce que le droit moral ?

Le droit moral est lié à votre personne en tant qu’auteur. Il vous protège indépendamment de toute exploitation commerciale.
Voici ce qu’il recouvre :

1) Toujours reconnu comme auteur
Exemple : même si un éditeur publie votre roman ou si vos droits sont cédés pour une traduction, votre nom restera attaché à l’œuvre.

2) Décider de la divulgation
Vous seul choisissez si, quand et comment rendre votre texte public.
Exemple : vous pouvez garder un manuscrit inédit ou en publier seulement un extrait.

3) S’opposer aux modifications
Votre texte ne peut pas être modifié sans votre accord.
Exemple : une adaptation en film ne peut pas changer librement la fin ou les personnages sans votre validation.

4) Respect de l’intégrité
On ne peut pas déformer ou associer votre texte à un contexte qui lui porte atteinte.
Exemple : si votre poème est utilisé dans une publicité qui contredit vos valeurs, vous pouvez vous y opposer.

5) Droit de retrait ou de repentir
Vous pouvez retirer votre œuvre du public ou la modifier après publication.
⚠️ Attention : si cela cause un dommage à l’éditeur (par exemple, impression déjà lancée), vous devez l’indemniser.

📌 À retenir :
Le droit moral est perpétuel, inaliénable et imprescriptible.
Même après votre décès, vos héritiers en bénéficient.

Les idées ne sont pas protégeables

Il est important de rappeler que les idées, les concepts ou les thèmes ne sont pas protégés par le droit d’auteur.

👉 Seul le texte précis, dans sa forme écrite, l’est.

Cela implique deux choses :
1) Si quelqu’un reprend simplement votre idée sans copier vos mots, il n’y a pas plagiat au sens juridique.

2) Les dépôts (INPI, organismes de gestion, recommandé/AR, solutions numériques) ne protègent qu’une version figée de votre texte.

💡 En cas de modifications conséquentes (nouvelle version, gros ajouts ou réécriture), il faut recommencer la procédure pour obtenir une nouvelle date certaine.

⚖️ Enfin, en cas de litige, c’est le tribunal qui tranche : il détermine s’il y a plagiat en fonction de l’importance et de la nature des similitudes entre les deux œuvres.

Laisser un commentaire

Panier
Retour en haut